J’aimerais juste parfois que l’aiguille s’arrête,
Interrompe sa course folle vers plus tard, vers demain.

Une seconde…
Juste une seconde tenue là, dans l’espace,
L’espace d’une minute.

Une seconde…
Une seconde pour penser, repenser au présent,
A la cavalcade des jours qui s’enchainent automates,
Actions systématiques, systémiques et aveugles.
Une seconde pour dire que la raison s’éteint…

Une seconde…
Un instant, me poser, me pauser et entendre
Les battements d’un cœur pourtant si proche du mien
Dont la musique vitale est passée sous silence
Par le tohu-bohu des élans frénétiques.

Une seconde…
Suffisamment pour mettre en suspend la folie
Des mots qui se succèdent sans jamais rien dire,
Des oreilles ouvertes sans pourtant rien entendre,
Des sourires nombreux sans aucune chaleur,
Des notions qui s’enchainent dont on oublie le sens…

Je veux cette seconde suspendue dans le temps,
A une heure où les larmes ne demandent qu’à tarir,
Où l’agonie des uns répond à celle des autres,
Où les craintes funestes sont à leur plus haut point…

Je veux cette seconde pour entendre ce cœur,
Le prendre dans mes bras et lui dire je t’entends,
Un retour essentiel à la pureté vitale
Loin des folies des hommes et tous leurs partis-pris…

J’aimerais juste une once du temps précieux du monde
Où je pourrais souffler et penser et entendre
Le murmure primitif des êtres sans artifices,
Ce murmure polymorphe qui va de l’un à l’autre
Et insuffle la vie bien loin de tout concept…

Je voudrais une seconde…
Je voudrais un instant…
Je veux les battements du cœur si proche du mien…

W.P

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