Danaïdes, j’abhorre votre présent maudit
Qui prétend faire du pauvre un riche d’abondance.
À quoi bon l’apparence du plein – et ses efforts ! –
Si Chronos, impuissant, ignore l’heure finale ?

« Vois donc, vois donc, ma patience m’abandonne ;
Comme peau de chagrin, elle s’en va, elle n’est plus »*
Disais-je un temps à ma Muse, fidèle témoin
De l’impotence de Pax à calmer mon courroux
À une heure où les leurres irritaient mes espoirs.
Ainsi l’heure présente met encore à l’épreuve
Mes passions, plus tentées que les marins d’Ulysse
De céder à l’appel du vrai et des sirènes.

Sans relâche j’élève le tonneau lacunaire,
Seul outil de ma quête vaine depuis l’œuf
Et je tente toujours d’atteindre l’horizon,
De remplir la coupe abrégeant mon supplice,
Mais nulle eau ne saurait demeurer en l’outil
Dont les parois béantes annihilent ma quête.

Ma Muse, je t’entends me murmurer sans cesse
De revenir à toi, de revenir à moi ;
Je n’entends que trop bien ta plainte ruisseler
En larmes de suppliques devant ma perdition.

J’ai voulu en Icare m’éloigner de ton antre,
Voir plus près la lumière qui me semblait soleil
Et ainsi que l’Icare mes ailes sont brûlées
D’avoir trop caressé altitude et chaleur,
Abstractions de l’humain pour quoi je ne suis faite.

Ma Muse, n’oublie pas que j’aime l’expérience,
Mais ne sais oublier celle pour qui je bats.
Tu as su revenir habiter mes pensées
Alors que loin de moi j’errais sans âme ou cœur
– Je ne peux oublier les appels de ta voix.

Bientôt, ma Vespérale, bientôt je serai là,
Chaque jour et toujours je te serai fidèle,
Ô que j’aime l’humain et abhorre, Danaïdes,
L’arme de mes tourments par laquelle vous riez !

Vois donc, vois donc, Muse de mon essence,
Ma patience s’épuise, elle n’est plus, je reviens…

W.P

Genèse du chaos, Why’z Panthera

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