Y aller et creuser, bêcher jusqu’à l’intime.
Descendre, passer les marches qui éloignent la lave.
Oppresser la Terre par sa peau de rapière,
L’éprouver en agrume que l’on pèle et arrache.

Se vouer corps et âme à l’assaut de l’essence
Refoulée, égarée au-dessous de nos chairs.
Oublier l’espace et ignorer le temps,
S’immerger en sa brèche qui traverse les terres.

Penser les profondeurs, oublier sa nature,
Se morfondre en sa quête et s’ignorer soi-même…
La durée creuse aussi au-delà de nos cœurs,
Le regret est son sang, la conscience son appui.

Quand le temps nous rattrape, les milliers de désirs
Enfouis dans nos cœurs ne sont que souvenirs.
Quand le temps nous enserre en sa prison d’éther,
La plus grande épopée se résume en poussière.

La durée, doublement, se fait mère meurtrière,
Elle annonce le jour et l’heure de la prière…
Creuser dans les décombres croyant vivre l’essence ;
Arriver à l’intime ; s’allonger en sa tombe…

W.P

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