Oubliez-donc l’histoire, frères et sœurs d’infortune,
De siècle en siècle, toujours, achevez vos semblables
Sans égard pour ce leurre que l’on nomme respect !  

La violence et la haine doivent être vos armes

Contre l’égalité des êtres dissemblables.
Qu’importent les soupirs de ces minorités
Qui dérangent l’ensemble et refusent leur sort !  

Même si nul ne sait ce que veut la Nature,
Accusez ses enfants d’aller contre sa loi
Car leur sexe vous choque. – Et qu’importe l’amour,
Les conventions édictent la raison de nos cœurs !  

Oubliez donc l’histoire et ses luttes vivantes
Contre l’ignominie ! – Que valent femmes ou Noirs ;
Qu’avaient-ils à vouloir le respect de leurs pairs ?
L’esclavage, d’ailleurs, n’outrageait que les Noirs !  

Oubliez cette histoire où des femmes et des hommes
Ont souhaité de leur sang innocenter l’essence
Et ont porté au jour la nuit de Convenance
Adulée par des êtres aussi imparfaits qu’eux,
Qui n’ont la vérité ni du jour ni du soir !  

Oubliez donc l’histoire et son lot de sagesses,
Qui amenuiseraient la haine qui vous meut !
Oubliez cette histoire qui a brisé vos chaînes,
Volonté vous perdrait d’achever vos semblables !…  

W.P

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